Par Jean-Simon Milette |

Le match de la médaille d’or en hockey féminin a eu lieu le 21 février dernier et, pour l’occasion, les amateurs ont eu droit à un classique Canada – États-Unis. Personne n’était surpris de voir les deux nations s’affronter en finale du tournoi olympique sachant que les éternelles rivales s’étaient disputé l’or dans cinq des six derniers Jeux.

L’équipe américaine a célèbré sa conquête de la médaille d’or aux Jeux de PyeongChang.

Après 60 minutes de jeu âprement disputées, les deux équipes étaient nez à nez, si bien qu’on a dû se rendre en période de prolongation afin de briser l’égalité. À la fin des 20 minutes additionnelles, c’était toujours l’impasse entre les deux puissances. Les tirs de barrage ont été nécessaires et c’est finalement l’Américaine Jocelyne Lamoureux qui a tranché le débat, procurant à son pays une deuxième médaille d’or dans l’histoire de la discipline.

Et la parité dans tout ça?

Si les deux formations nord-américaines s’amusent, les temps sont durs pour leurs compétitrices. Les rouleaux compresseurs canadiens et américains écrasent leurs adversaires sans pitié. Ce n’est pas pour manquer de respect aux autres équipes, mais la différence de talent est colossale, voire démesurée.

La suprématie nord-américaine s’étend sur six Jeux consécutifs. À vrai dire, les Canadiennes et les Américaines sont les seules championnes olympiques de l’histoire du tournoi féminin. La Suède avait atteint la finale en 2006, à Turin, mais elle avait dû baisser pavillon devant une équipe canadienne en plein contrôle de ses moyens.

Cette présence suédoise en finale en 2006 a été accueillie comme une bouffée d’air frais. À ce moment, plusieurs croyaient que l’on venait d’être témoin du début d’une homogénéité de talent en hockey féminin. Douze ans plus tard, à PyeongChang, la différence de talent entre les Nord-Américaines et le reste du monde semble tout aussi monumentale. Si les autres pays ne cessent de s’améliorer, c’est aussi le cas pour les deux traditionnelles puissances. Le talent nord-américain refuse de plafonner et les autres nations n’arrivent pas à suivre la cadence.

Une solution au problème?

Gareth Wheeler, animateur à TSN Radio Toronto, propose une solution au problème de parité. Pour limiter la titanesque domination nord-américaine, Wheeler suggère de rayer le hockey féminin des jeux olympiques et remplacer le tournoi par une série entre le Canada et les États-Unis.

Devrait-on envisager cette option?

Absolument pas.

Soyons honnêtes, les Canadiennes et les Américaines sont déjà pratiquement dans une ligue à part. Séparer ces deux formations du reste de la planète hockey permettrait aux autres équipes d’augmenter le niveau de compétition entre elles et peut-être même de mieux développer le talent de leurs joueuses.

Les joueuses d’équipe Canada digèrent difficilement leur défaite aux mains de leurs éternelles rivales. — Archives, Associated Press

Les joueuses d’équipe Canada digèrent difficilement leur défaite aux mains de leurs éternelles rivales. — Archives, Associated Press

Cependant, il ne faut pas oublier que ces athlètes sont des êtres humains avec des rêves et des ambitions. Retirer le tournoi féminin des Jeux briserait leur rêve et celui de milliers de jeunes filles qui souhaitent porter les couleurs de leur pays. Dans la victoire comme dans la défaite, ces athlètes sont fières de représenter leur pays sur la scène mondiale. Il est impensable d’empêcher ces athlètes d’enfiler les couleurs de leur pays simplement parce que deux nations s’élèvent au-dessus du peloton.

Crédits photo à la une : Archives, Reuters