Par Alice Blondeau |

Le cout des Jeux olympiques fracasse encore une fois les budgets prévus pour PyeongChang. Treinze milliards de dollars est le chiffre le plus souvent cité par les médias de la Corée du Sud. Sans atteindre les sommets de Sotchi, la 23e édition hivernale fera officiellement partie des plus chères de l’histoire.

Le budget prévu pour PyeongChang s’élevait à dix milliards de dollars. Au final, 15 milliards ont été déboursés pour cet évènement de 14 jours. La Corée a explosé son budget de 66 %. Pour se consoler, rappelons que Sotchi a couté 36 milliards, dépensant son budget de 289 %. Ce n’est pas nouveau, les organisateurs fracassent en moyenne leur budget de 158 % depuis le début de cette machine olympique. Les couts ne cessent d’augmenter de façon exponentielle pour tout ce qui entoure cet évènement à la base sportif, mais pour lequel les commanditaires occupent aujourd’hui une place disproportionnée. Nous sommes loin du fameux proverbe : « l’important c’est de participer ». Les États sont prêts à tout pour avoir fière allure. Uniformes à prix démentiels jusqu’à dopage pour atteindre la ligne d’arrivée en premier.

Vous êtes mieux de vous dépêcher si vous voulez aller visiter le fameux site olympique de PyeongChang ! Car sa plus grande structure, son stade olympique, sera détruite d’ici quelque temps. Sur le plan touristique, c’est décevant, oui, mais sur le plan économique, je qualifierais plutôt cela d’ingénieux. Le stade de 35 000 places a été conçu pour être facilement démontable. Non seulement pour sauver les couts de démolition, mais de construction aussi. Seulement 110 millions ont été déboursés pour sa construction comparativement à celui de Montréal, qui nous a couté 600 millions ! Le restant du site, lui, sera utilisé moins que trois fois pour le restant de son existence.

Il ne faut pas s’arrête par contre aux factures démentielles qu’impliquent de recevoir les Jeux olympiques. Il est vrai que 15 milliards sont énormes, mais beaucoup moins que l’industrie de la guerre. Une industrie dans laquelle on vit depuis tant d’années, une sorte de jeux olympiques constants qui n’ont pas encore trouvé son gagnant. Les vrais Jeux olympiques, eux, apportent l’espoir. C’est une seconde dimension à l’humanité. Une dimension où les différences culturelles ou raciales n’existent plus. Une chance pour tous de se prouver, une « bonne guerre », en quelques sortes. Mieux vaut dépenser des milliards pour se battre avec des médailles que des milliards pour se battre à coup de fusils.